Google et l’Institut

le 8 mars 2009 par


Je suis un utilisateur de toute un ensemble d’applications google, dont Gmail, depuis des années, et j’ai bien vu passer la panne …

Pas plus inquiet que cela d’ailleurs, j’ai bien vu twitter se focaliser autour de la conversation, mais j’avais trop de choses à faire pour y prendre part, dommage …

Sur mon téléphone, d’ailleurs, tout allait bien

Ensuite, ce soir, je vois une conversation (encore une) sur Google prendre corps. Je me suis souvent demandé si le débat Google / pas Google dans l’institut ne trainait pas une peu en longueur alors que c’est en profondeur qu’il nous fallait aller.

Je suis ravi que nous creusions un peu … Les différentes questions soulevées par Miguel et Dominique ouvrent d’ailleurs vers des sujets que je trouve passionnants:

En premier lieu, l’effet psychologique dont parle Miguel dans son paragraphe Twitter est très intéressant. Pour la première fois, les membres de communautés de professionnels qui dépassent les frontières des entreprises peuvent « interagir » simultanément sur des problèmes communs (des problèmes de travail, des problèmes de tous les jours). J’avais déjà évoqué le sujet ailleurs, et je continue de penser que cette possibilité que nous avons aujourd’hui de partager, en dehors de nos entreprises, des modes de travail, des outils de travail et des réseaux sociaux va avoir des effets très profonds. J’en vois au moins deux catégories:

  • Socialement, les mouvements provoqués par des très larges communautés d’utilisateurs professionnels sont en train de faire émerger, dans ces communautés, un sentiment de « destin commun ». C’est le cas depuis longtemps sur internet, évidement. Je pense cependant que le fait que ces communautés soient professionnelles est fondamental, dans le sens où elles pourraient mobiliser une très forte capacité d’influence, ce que les plus ardents défenseurs d’internet 1.0 n’avaient pas réussi à faire … sujet à suivre, à moins que, dans Boostzone, nous soyons capables d’ouvrir de nouvelles voies …
  • Les entreprises vont probablement devoir  s’adapter aux modes de travail de leurs collaborateurs (salariés ou pas, à durée déterminée ou pas). Ce qui veut dire deux choses: d’abord, développer chez elles un environnement de travail aussi puissant que celui que ces personnes peuvent trouver ailleurs; et, surtout, lorsqu’elles n’ont pas dans ces environnements de travail ce que leurs collaborateurs demandent, faire en sorte que ces environnements soient suffisament ouverts pour accueillir les applications et outils que demanderont les professionnels qu’elles auront recruté / engagé pour mener des projets.

Concernant le SLA de Google, la réflexion qui me vient à l’esprit c’est que ce SLA est tout simplement un futur ancêtre … qui devra être très rapidement dépassé par les entreprises qui veulent remplacer Google. Je m’explique, étant donnés les vitesses d’évolutions applicatives et technologique, et la montée en puissance des réseaux, seule la production d’électricité est une véritable contrainte. Les taux de service que propose Google devraient très rapidement devenir un standard et être dépassés par d’autres fournisseurs dont la seule source de revenu sera la qualité de leur service dans un monde où les coûts de changement de service vont devenir pratiquement marginaux. Evidemment, au rythme où il construit, Google sera toujours capable de louer de la capacité de traitement ou de stockage …

Très intéressante aussi la comparaison sur les pannes de productivité de Dominique. La question que cela fait émerger chez moi c’est, la productivité mesurée en heures de la même façon qu’hier ? Je me demande si c’est comparable… aujourd’hui, si Gmail plante, je peux faire autre chose … ce qui était sans doute difficile lorsque mon seul outil de travail était la machine outil dont, en quelque sorte, je faisais partie … Nous sommes aussi en train de sortir du monde industriel et la question des mesures est passionnante.

C’est la conclusion de Miguel que je trouve le plus intéressante, car elle traîte du fossé numérique, de l’impact des changements que nous sommes en train de vivre sur nous mêmes. Je reste avant tout un passionné de la chose RH, et je crois que ce sujet doit être poussé plus avant.

Dans mon cas, il se trouve que, en dehors d’être de regarder mon Gmail, j’ai d’autres obligations professionnelles. J’ai d’ailleurs plusieurs écrans, plusieurs services de mail, plusieurs applications bureautiques, j’utilise windows et OSX, je suis membre d’une multitude de réseaux sociaux et oui, lorsque twitter m’a appris que Gmail était revenu, je l’ai vaguement perçu. J’avais de façon assez intuitive sauté sur une autre urgence. Mais je perçois bien que ces compétences que je partage avec la plupart d’entre vous qui lisez ce blog ne sont pas encore des compétences largement partagées. Et je ne crois pas que ce soit une question de générations.

Ce fossé est inquiétant, mais je me demande s’il n’y a pas matière à creuser encore … Ma plus grande inquiétude, c’est le potentiel d’accélération de la performance du travail individuel et collectif que recèle le nouvel environnement que nous sommes en train de mettre en place. Une petite minorité est déjà capable de faire fonctionner de très grandes entreprises, fondée simplement sur une organisation hiérarchique bien huilée… Que va-t-il en être lorsque des entreprises auront maîtrisé, en dehors de l’organisation hiérarchique, les autres formes d’organisation que ces nouveaux environnements de travail, plus collaboratifs, permettent ?

Sans remise en cause des fondements même de l’entreprise (je parle de croître pour croître et de profit pour les actionnaires), la fracture dont parle Miguel va devenir un ravin infranchissable.

Nous sommes plusieurs à aider nos clients à mettre en place de nouveaux environnements de travail, plus collaboratifs, plus puissants, financièrement fascinants, à les aider à en traiter les principaux écueils, en termes de communication, stratégie, leadership, usages, … Ne devrions-nous pas, dans l’Institut Boostozone, nous choisir aussi une responsabilité sur les implications à long terme de cette mise en place ? Et choisir de creuser, en mode R&D, ces sujets ? C’est ce qu’une réunion de travail, un peu vite oubliée, avait laissé poindre, au delà du « strategic impact through connected people ».

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