La gouvernance, quelles leçons l’Inde ancienne peut-elle nous apporter ?

le 12 mai 2017 par


Il y a vingt-cinq siècles, un ouvrage de politique, l’Arthashâstra propose une véritable doctrine de l’État. Elle part du principe que l’Etat doit contribuer à rendre chacun prospère. Il doit être moderne, bienveillant et efficace. Kautilya, son auteur supposé, surnommé le Machiavel indien, est porteur d’un conservatisme éclairé. Il y défend autant le bien-être du peuple que l’autorité de son Roi. Kautylia distingue les jeux de pouvoirs, les questions de confiance, les questions d’audit et de contrôle, les enjeux d’éthique et les questions économiques. En vérité parfaitement intemporelles, les questions qu’il aborde sont parfois même d’une étonnante actualité. Comment choisir ses ministres et mettre à l’épreuve leur moralité ? Comment assurer la sécurité des biens et des personnes ? Quel soin porter aux finances publiques et comment prévenir les détournements des fonds publics ? Quelle place accorder à la justice ? Qu’est-ce que la souveraineté de l’État ?

Alors que les grandes démocraties occidentales souffrent d’une crise de gouvernance, que leurs dirigeants et leurs programmes ont des difficultés à enrayer la montée des populismes, à rassurer sur l’essence du rôle de l’Etat, sur l’intégrité de ses dirigeants, le citoyen trouvera peut-être un peu de réconfort et le politique un peu d’inspiration à la lecture de l’un des plus grands traités de l’Inde ancienne.

Mais, au delà des citoyens, les employés, les free-lance, les chefs d’entreprises, sont confrontés aux mêmes enjeux et il est bon de se poser les mêmes questions quant à la gouvernance des entreprises. Comment choisir les dirigeants et mettre à l’épreuve leur moralité ? Comment assurer la sécurité des biens et des personnes, notamment quand l’identité numérique nous expose de façon croissante ? Quel soin porter aux finances, et plus largement aux actifs, de l’entreprise? Comment en prévenir les mauvais usages ou des usages trop exclusifs ou trop privilégiés (ceux qui ne respectent pas tous les stakeholders c’est à dire ces acteurs qui, au-delà des shareholders, représentent la société et le monde du travail) ? Quelle place accorder à la justice sociale interne et externe ? Quelle place accorder au bonheur, ou à tout le moins, au confort des collaborateurs ? Qu’est-ce que le pouvoir du chef, qu’est-il par rapport à l’actionnaire, comment assume-t-il son leadership, est-il digne de confiance ?

La gouvernance n’est pas qu’une question de règles, elle implique d’avoir bien défini des objectifs, de les partager, de faire en sorte qu’elle reflète les valeurs d’un écosystème social, qu’elle s’adapte éventuellement à leur évolution, qu’elle soit traduisible en facteurs concrets de management, de confiance, qu’elle positionne le « contrôle » de façon claire.

L’ouvrage de Jean Joseph Boillot sur ce sujet de la gouvernance à l’aune d’un traité indien aussi ancien et aussi respecté que l’Art de la Guerre de Sun Tzu ou que Le Prince de Machiavel, nous interpelle exactement sur les mêmes sujet qu’il y a deux millénaires.

Un prochain laboratoire Boostzone sera organisé, en présence de l’auteur, sur «  L’Inde Ancienne, source de sagesse en gouvernance ? « afin de se poser ensemble des bonnes questions.

Le 14 juin 2017 ; 08h30-11h00, Paris 75009. Inscription ici 

Le livre « L’Inde Ancienne au Chevet de Nos Politiques » est disponible ici.

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