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Si vous trouvez qu’il y a trop de fonctionnaires, trop de normes, trop de réglementations, et que le gouvernement, celui-ci ou un autre, devrait réduire notre environnement réglementaire vous vous trompez gravement. Nous allons, à l’évidence, vers de plus en plus de normes, de réglementations, et donc d’organismes pour les édicter et les contrôler. 

Et c’est nous qui les demandons.

Donnez-nous des normes !

Nous en voulons plus en tant que consommateur pour mieux nous informer du contenu de nos aliments, de la provenance de ce que nous achetons, de la consommation énergétique de nos produits, de la dangerosité de nos jouets, de la pollution provoquée par notre consommation de plastique ou d’énergie. Des tonnes d’ONG vont nous aider à les faire émerger, à les faire mettre en œuvre et à les contrôler, réjouissons-nous. 

En tant que producteur aussi nous voulons plus de normes ; nous voulons être protégés de certains monopoles, pensons au numérique et à la communication ; nous voulons qu’il y ait moins de privilèges fiscaux pour certaines entreprises ; nous voulons que, lorsque nos normes sont plus strictes que celles des voisins, ces derniers y soient soumis. Pensez aux implications actuellement discutées sur les taxes carbones aux frontières ou l’utilisation de certains produits en agriculture. Nos lobbyistes seront efficaces pour les faire prospérer. Nos députés nationaux et européens seront là pour nous assister.

En tant que citoyen nous exigeons de plus en plus de réglementations. Nous voulons plus d’égalité, plus de transparence, plus de diversités de toutes sortes, plus de liberté pour nous et moins de contraintes, plus de protection, et nous voulons que tout cela soit mesurable, normé. Nos ONG représentant l’archipel de nos parties prenantes civiles, nos réseaux sociaux ainsi que nos députés vont permettre l’émergence de multiples lois et réglementations.

En tant qu’actionnaires nous voulons être mieux informés et protégés. Les règles de gouvernance et les règles sociales ou fiscales ne sont pas les mêmes dans le monde, d’aucuns en profitent. C’est inadmissible. Demandons des normes internationales, des fiscalités internationales !

En tant qu’économistes demandons des normes ! La mesure du PIB est simpliste et obsolète. Elle ne reflète ni l’évolution sociale ni l’évolution de l’environnement. Inventons de nouvelles mesures, de nouvelles façons de regarder et réglementer, de mesurer les externalités de toutes sortes qu’il s’agisse de CO2, d’impact social ou environnemental, de la pollution, etc. 

Simplifions, éventuellement

Bien sûr on peut exiger que des normes soient simplifiées, harmonisées, clarifiées, mais ne nous trompons pas de combat, l’ère n’est pas à les réduire mais à les augmenter. 

En stratégie les implications sont intéressantes. Il faut d’abord apprendre à les prévoir. Par exemple quelles nouvelles normes pourraient mettre à mal notre business modèle ? Mais aussi, quelles normes ou réglementations pourraient présenter pour nous des opportunités. Il faut apprendre à les demander ou à les combattre, à mieux communiquer sur le respect ou non par une entreprise de certaines normes. Les parties prenantes demandent des comptes. Et ces comptes ont besoin de mesures, donc de normes.

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