Premières journées du Montcalm

Je viens de participer aux premières tribunes du Montcalm à Toulon, une initiative conjointe du CV Thomas Lockhart de la Marine Nationale et Laure Gitton, associée chez Logica. Le thème général était « Les défis de la prise de décision aux confins d’un management de l’information maîtrisé » (diable!)

J’ai été marqué par certains échanges, comme par exemple une conversation avec l’amiral Magne (ex commandant du Charles de Gaulle) sur les mash-ups appliqués aux droits d’accès et droits d’usage sur les systèmes d’information et de commandement. Du cheminement de la pensée collective lors de ce colloque,  j’ai retenu trois point essentiels:

  1. La technologie informationnelle est devenue une arme redoutable que l’on doit tenter de maîtriser, car elle peut tout aussi bien être mise au service de l’homme par la collaboration qu’au service de la tyrannie par la manipulation. Pour ne pas faire n’importe quoi, il faut donc que les dirigeants comprennent de façon plus intime comment ces technologies fonctionnent techniquement et socialement, quels sont leurs limites et leurs dangers, et que ce savoir soit partagé le mieux possible avec leurs troupes. La recherche de l’ergonomie des interfaces utilisateurs, qui reste une nécessité absolue, est très dangereuse lorsqu’elle vulgarise en masquant totalement une complexité sous-jacente mal assimilée (cf crise financière).
  2. Les fondamentaux du commandement et de la prise de décision sont permanent et ne sont pas impactés par les nouvelles technologies informationelles.  Cependant elles obligent les responsables et dirigeants à reconsidérer un certain nombre de pratiques organisationnelles actuelles héritées d’un autre âge où les constantes de temps étaient très différentes.
  3. L’expérimentation sur des cas concrets est la voie royale pour apprendre à utiliser ces technologies, découvrir les usages nouveaux qu’on peut en faire, et valider les modèles sous-jacents.

les dirigeants de demaine doivent par conséquent apprendre à:

  • simplifier les organisations en éliminant des niveaux hiérarchiques devenus inutiles et lourds,
  • veiller beaucoup plus à l’application stricte du principe de subsidiarité,
  • repenser la notion de responsabilité en donnant plus d’importance au collectif,
  • donner du sens à l’action et pas seulement des objectifs (pour pouvoir commander au moins autant par contre-ordres que par ordres)
  • apprendre à gérer beaucoup mieux leur temps (la complexité au quotidien, ça se résume au fond à une bien plus grande difficulté à discerner ce qui est important de ce qui est secondaire)
  • communiquer beaucoup plus et mieux afin de maintenir en alerte l’attention de leurs subordonnés,
  • accorder une importance accrue aux relations de confiance interpersonnelle, et même d’amitié

Très intéressant ce colloque, finalement.

 

2 Comments

  1. Luis 29 janvier 2009
  2. Miguel Membrado 29 janvier 2009

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